Pénalty, la chronique Coupe du monde

Ils n’ont plus le choix…

Souvenirs, souvenirs ! Ils ne valent que pour ce que l’on veut bien en faire. Et comment ils nous aident à aborder le présent et à envisager l’avenir. Au sortir de France – Sénégal de mardi dernier à New York que l’on avait cherché à relier au France – Sénégal d’il y a 24 ans à Séoul en Corée du Sud, la tentation est forte, avant le Norvège – Sénégal de cette nuit de lundi à mardi, de convoquer à nouveau le passé. Plus exactement ce mémorable Mondial asiatique de 2002. Le Sénégal n’y avait certes pas croisé la Norvège. Mais juste ses voisins et cousins scandinaves, le Danemark et la Suède. Avec un souvenir impérissable : un valeureux nul (1 but partout) à Daegu en Corée du Sud face au premier en match de poules et une historique victoire (2 buts à 1) contre la seconde en huitièmes de finale à Oita au Japon, sur un doublé d’Henri Camara dont un but en or.

Alors, forcément on se dit que les Vikings réussissent plutôt bien aux « Lions » en Coupe du monde. Surtout que, 4 ans plus tard en mars 2006, le Sénégal avait accueilli et battu… la Norvège (2 but à 1) à Dakar, en match amical. Avec dans les rangs des footballeurs venus du grand froid, un certain Alf-Inge Haaland, père de qui vous savez. Erling tentera justement de « venger » son pater.

Cependant, malgré leur succès convaincant en ouverture face à l’Irak (4 – 0), ça tombe mal pour lui et ses potes. Car les Sénégalais ont davantage de raisons de vouloir s’imposer. « On n’a plus droit à l’erreur », a reconnu leur coach à la veille du match. Il leur faudra se relancer après une défaite amère d’entrée, rassurer leurs supporters assaillis par le doute, éteindre la polémique annoncée dans la Tanière autour de primes, de la bouffe et d’autres sujets susceptibles de les démobiliser et justifier leur rang de champions d’Afrique. Trop (beaucoup trop) d’enjeux à gérer ? Certes, mais Koulibaly et les siens n’ont pas le choix. Pas d’autre choix que d’être à la hauteur de l’évènement. Ils se sont mis tout seuls dans ce mauvais pas : les joueurs d’abord en ne disputant qu’une moitié de match face à la France et en ne transformant pas leurs belles opportunités de la première période, leur coach Pape Thiaw ensuite, qui constatant tout cela – ou pas, ce qui serait encore plus grave – n’a pas su apporter les correctifs nécessaires.

C’est à eux donc de se sortir de ce pétrin comme des grands. Ils en ont largement les moyens, même si l’adversaire aussi a des arguments à faire valoir. Si, tout au long de la partie, ils évoluent sur leur vraie valeur ou si, comme la tournure des évènements pourrait les y contraindre, ils sont tous dans le dépassement de fonction, il y a bien quelque chose que l’on peut raisonnablement attendre d’eux.

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